Par Karamo KABA, Directeur des études économiques – 12 novembre 2018

Attendues par les uns et redoutées par les autres, les élections de mi-mandat ont livré leurs résultats. Sans surprise, comme les sondages l'avaient anticipé, la Chambre des Représentants a basculé du côté des Démocrates tandis que le Sénat est resté dans le giron du Parti républicain. Cela fait entrer les Etats-Unis dans une forme de cohabitation.

Dans la mesure où le vote du budget fait partie des prérogatives de la Chambre des Représentants, le Président Trump va devoir désormais trouver des compromis avec les Démocrates, faute de quoi le pays s'expose à un risque de paralysie. Toutefois, même si les Démocrates majoritaires à la Chambre peuvent voter un budget, rien ne dit que cela puisse être adopté puisque la Maison-Blanche dispose d'un droit de veto. Tout concours donc à ce que toutes les parties recherchent des compromis. Tout d'abord, les Démocrates savent que jouer la carte de l'obstruction systématique pourrait leur être reproché par les électeurs lors des élections générales de 2020, ce qui pourrait profiter à l'actuel occupant du 1600 Pennsylvania Avenue à Washington. Ensuite, faute d'une « super majorité » (2/3 des sièges au Congrès) pour contourner un veto présidentiel, les Démocrates ne peuvent pas mettre en place leur propre programme. En effet, on imagine mal la Maison-Blanche aller dans le sens d'un arrêt des baisses d'impôts ou d'un rétablissement complet de l'Obamacare. Enfin, lors de sa campagne présidentielle, le candidat Donald Trump n'était pas opposé à un plan de rénovation des infrastructures, ce que proposaient d'ailleurs les Démocrates. Devenu Président, Donald Trump a annoncé en février dernier un plan de grands travaux d'au moins 1 500 milliards de dollars (Mds$), étalés sur dix ans mais financés uniquement à hauteur de 200 Mds$.

Sur les marchés financiers, dans la mesure où il n'y a pas eu de raz de marée démocrate, les investisseurs ont plutôt bien réagi. La volatilité a reflué pour la deuxième semaine consécutive (-2,2 points, à 17,01% pour l'indice VIX), ce qui a profité à la prise de risque. Le Dow Jones a ainsi bondi (+2,84%, à 25 989 points), boosté par la rencontre entre dirigeants américains et chinois de premier plan en vue de trouver une issue aux tensions commerciales entre les deux pays, contrairement aux valeurs chinoises (-3,73% pour le CSI 300, à 3,167 points). Quant aux indices européens, ils ont fini la semaine dans le vert (+0,47% pour l'EuroStoxx 50, à 3 229 points), en nette sous-performance, pénalisés par le ralentissement de la croissance.

En effet, la Commission européenne table désormais sur une croissance plus faible au sein de la zone Euro en 2018 (2,1% contre 2,3%), 2019 (1,9% contre 2,0%) et 2020 (1,7%). Comme il fallait s'y attendre, l'Institution européenne a livré des prévisions nettement inférieures à celles du gouvernement italien en 2019 (1,2% contre 1,5%) et en 2020 (1,3% contre 1,6%). Du coup, le déficit public est attendu plus élevé que prévu 1,9% du PIB cette année puis 2,9% en 2019 et 3,1% en 2020 ce qui a remis sur le devant de la scène la problématique de la soutenabilité de la dette italienne. Le rendement du taux à 10 ans a bondi de 11 points de base pbs pour revenir à 3,41%. Le spread avec l'Allemagne est revenu à 300 points de base. Aux Etats-Unis, le T-Bond a reculé (-2 pbs, à 3,19%).

Outre l'atténuation des risques inflationnistes (pétrole : -5,40% sur la semaine, à 59,7 pour le WTI), les investisseurs semblent rassurés par la prise de contrôle de la Chambre des Représentants par les Démocrates. Ils y voient un frein potentiel à la dérive budgétaire de l'Administration Trump. Cela soutient le dollar (+0,34% contre toutes les monnaies), d'autant que les enquêtes économiques restent encourageantes aux Etats-Unis, quoiqu'en recul. Cela conforte la Réserve fédérale dans sa volonté de resserrer plus vite que prévu les taux directeurs, notamment dès le mois de décembre. L'euro a été la devise faible sur la semaine (-0,41% contre dollar, à moins de 1,14 dollar), toujours pénalisé par les suites du dossier italien et la probabilité de plus en plus grande d'un « no deal » dans les négociations autour du Brexit.

Rendez-vous lundi prochain

 

Source : Ecofi Investissements, au 9 novembre 2018.

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